Une collection de toiles inspirées des tatouages berbères. C’est le parti pris de Selma Belga, jeune artiste peintre et architecte d’intérieur qui a réussi, à travers ses toiles, à « représenter la femme berbère dans toute sa splendeur, sa beauté, sa sensualité et parfois même son intimité ».

Originaire de la région de Marrakech, Selma Belga a toujours été intriguée par les tatouages que porte sa grand-mère. Elle décide alors de faire des recherches sur « Loucham », ce rite ancien de la culture berbère remontant à l’ère pré-islamique. Ces formes abstraites, géométriques, considérées comme un langage entre l’humain et l’esprit « donnaient une idée sur la femme, son statut social, familial, son état d’esprit, son appartenance tribale », nous explique-t-elle.
Salma Belga se saisit donc de ces sens et les met en scène dans des toiles en acrylique où les couleurs se mélangent et les formes se dévoilent sans tabous. Dans un coin du tableau, on retrouve souvent ce symbole qui a inspiré l’artiste glissé là où l’on s’y attend le moins.  « Je commence tous mes tableaux par une étude monochromatique, les couleurs viennent ensuite se glisser au fur et à mesure sur la toile, exprimant ainsi la richesse, la densité et la profondeur de cette culture berbère que je porte en moi », explique la jeune femme.
Son goût pour les mélanges de couleurs a été remarqué par ses professeurs dès ses premières années d’études dans une école d’architecture d’intérieur de la capitale. « J’ai commencé par faire de l’art abstrait avant de me diriger vers la figuration. Mais quelque soit l’exercice, la couleur et la lumière prennent une place très importante dans mon travail », confie-t-elle.
Ses inspirations ? « Elles sont diverses et différentes », prévient l’artiste. Elles commencent avec le précurseur de la peinture moderne au Maroc, Ahmed Cherkaoui qui a longtemps travaillé sur cette question du symbole berbère et se poursuivent  avec Frida Kahlo, dont les toiles sont empreintes de culture mexicaine. « Les travaux de cette artiste exceptionnelle m’ont toujours interpellée », ajoute-t-elle.  Mis à part ses autoportraits sincères et très expressifs, l’artiste est connue pour « ses représentations des bijoux locaux et des tenues traditionnelles richement ornés ».
Sa motivation ? « Faire revivre une culture oubliée. Sortir de la fonction décorative que prennent les symboles berbères actuellement et rappeler leur sens premier », déclare Salma Belga. « C’est également un moyen de me ressourcer, de revenir à mes origines et parler à ma manière de la richesse de cette culture amazigh dans laquelle je m’identifie », conclut-elle.

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